28.03.2010
(7) les bottes jaunes
Elle portait des bottes trop chaudes pour la saison. Etait toute vêtue de noir hormis ces bottes, des bottes en peau, des bottes jaunes. Collants noirs, jupe noir, haut noir échancré aux épaules. Si, un T-shirt blanc dépassait, d’un liseré sur quelques centimètres au bas de sa taille, et à l’autre bout, soulignant la naissance du cou. J’avais envie de voir ses pieds nus, des pieds qui devaient avoir chaud, être chauds, auréolés d’une moiteur irradiante. J’imaginais les empruntes éphémères qu’ils pourraient laisser sur mon carrelage froid. Sa démarche était légèrement dansante. Mon cœur jouait les amoureux.
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12.03.2010
(6) l'envie
Envie lancinante d'une intimité nouvelle, inconnue à découvrir. Envie d'un truc léger, une petite chose espiègle et douce. Envie de corps. De nuit qu'on repousse et dans laquelle on s'abandonne enfin, souriant d'un pur présent, dans une insouciance fraiche, bleutée. Envie de peau, de flirt, d'attirance.
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28.02.2010
(5) La bouche
J'entrais en coup de vent dans mon bureau que je partage avec Dou. Assise à une troisième place - désertée depuis longtemps – et faisant dos à la porte, une inconnue avait avec Dou une discussion animée. Le ton semblait vif et léger, le dos de l'inconnue soubressautait, ses épaules aussi. Je la devinais petite et frêle, joyeuse, ses cheveux - dégagés sur la nuque, plus longs sur les côtés, vaguement translucides - frisaient gaiement un blond châtiné. Comme je prenais mon temps pour refermer la porte sur moi, elle tourna la tête – une tête mobile, un cou souple d'oiseau – pour me jeter un regard d'où émanait une curiosité simple, sans le trouble d'un quelconque autre sentiment. Sa bouche gardait encore la pose de son sourire.
Je ressortis bientôt, ne voulant pas déranger, puis revins tout aussi tôt, poussé que j'étais par le trouble et la curiosité. Dou avait à sortir et je me retrouvais seul avec? Avec Chrys, qui venait de Belgique pour une réunion, que Dou était justement en train de préparer. Chrys avait ce charme qui rappelle un petit animal, le charme de l'être frêle et déterminé. Elle semblait fraiche, indépendante, pleine d'énergie. Ses yeux vifs, sa bouche incroyablement élastique, mobile, longue jusqu'à lui manger la moitié des joues – je voyais pour la première fois pour de vrai un sourire jusqu'aux oreilles. Au cours des quelques phrases que nous échangeâmes, j'eus même le loisir de voir cette bouche prendre une posture totalement improbable dans laquelle les commissures de ses lèvres empruntaient des directions opposées, l'une étirant un coin de bouche vers le bas tandis que l'autre grimpait vers ses yeux miroitants. Cette fille était un véritable délice à regarder. Je fût conquis par elle et un fort désir de cette bouche, de toucher ce corps frêle et souple comme un arbre encore jeune. J'eûs envie de ses yeux au bord des miens, de l'odeur de sa peau, de son corps en mouvement. Envie d'elle. La réunion l'emporta – cheveux dansants, robe courte en fuseau beige sur des jambes gainées de sombre, bottes de cuir rouge sang, rouge vie, caressantes au creux de ses genoux. Chrys, reviendras-tu?
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